LA CONSULTATION ONCOGÉNÉTIQUE : ENJEUX, CIRCUIT ET RÉSULTATS

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Résumé

Historique :

En 1883, le professeur FOURNIER, un vénérologiste français de l’hôpital Saint Louis, rapporte dans « la semaine médicale » un cas parmi 5 autres, dont 4 personnels, sous le titre de « Gangrène Foudroyante de la verge » de l’adulte jeune et en bonne santé.
La survenue de gangrène intéressant les OGE de la femme a amené certains auteurs du début du siècle à parler de l’équivalent de la maladie de Fournier chez la femme.
Le peu de cas rapportés (10 cas), s’arrêtant avec l’observation de Soupault en 1941 ne nous permet pas d’avoir une idée précise sur de telles lésions et nous nous contenterons de les citer.
3 observations citées dans la thèse d’Emery 1896.
39 cas seulement décrits aux U.S.A depuis le début du siècle.

But de l’étude :

Nous nous proposons de rapporter la plus grosse série rapportée avec 120 cas de gangrènes du périnée sur 15ans (2002-2017), prises en charge par la même équipe, au sein du même service.
Nous détaillerons les aspects épidémiologiques, étiologiques, cliniques, thérapeutiques et pronostiques.
Nous les comparerons aux données masculines.

Matériel et méthode :

345 patients ont-été pris en charge pour gangrènes du périnée, en urgence entre le 1er janvier 2002 et le 31 décembre 2017.
Il s’agissait de 225 hommes et de 120 femmes, avec 1,8H/ 1F vs 10H/1F dans les autres séries.
84% des femmes avaient entre 41-60 ans vs 48% chez les hommes.
Dans 60% des cas le délai était compris entre 6-10jours avec une moyenne de 12jours dans les 2 groupes.
Le diabète était présent chez 80% des femmes vs 50% chez les hommes, l’hygiène défectueuse et le bas niveau socio-économique était retrouvé dans 80% des cas vs 60% chez les hommes.
Dans 100% des cas une cause a été retrouvée chez les femmes vs 90% chez les hommes
Chez les femmes la mortalité a était de 5 décès sur 125=6,66% vs 35 décès sur 225 chez les hommes =28%. REVOIR LES %

CONCLUSION :

La gangrène de Fournier a une mortalité moindre chez la femme que chez l’homme en dépit de l’âge plus avancé, du caractère extensif rapide, massif à la paroi abdominale et aux membres inférieurs et, définitif d’emblée.
Elle a été secondaire dans la majorité des cas à une cause génitale.
La prise en charge chez les femmes est plus lourde avec une durée d’hospitalisation plus longue, un nombre de débridements et de pansements plus important.

Mots clés: Age avancé, fasciite nécrosante, extension rapide, lésions définitives, pathologies uro-génitale, débridement itératif, mortalité moindre.

Summury :

HISTORICAL:

In 1883, Professor Fournier, a French vénérologiste Hospital Saint Louis, reported in « week medical » case among five others, including four staff, under the title « Foudroyante Gangrene of the penis » young adults and healthy.
The occurrence of gangrene interesting EMBs woman has led some authors to the beginning of the century about the equivalent of Fournier’s disease in women.
The few reported cases (10 cases), stopping with the observation Soupault in 1941 does not allow us to have a clear idea about such injuries and we’ll just mention. 3 observations cited in the thesis Emery 1896.
Only 39 cases described in the U.S. since the early century.

PURPOSE OF THE STUDY:

We intend to report the largest reported Series with 75 cases of gangrene of the perineum during 15 years (2002-2017), supported by the same team in the same service.
We detail the epidemiological, etiological, clinical, therapeutic and prognostic.
We compare the male data.

Materials and methods:

patients have been supported for perineal gangrene, emergency between 1 January 2002 and 31 December 2017.
There were 325 men and 120 women, with 1.8M / 1W VS 10H/1F in other series.
84% of women aged between 41-60 years vs. 48% among men In 60% of the time was between 6-10days with an average of 12days in the 2 groups.
Diabetes was present in 80% of women vs. 50% men, the poor hygiene and low socio-ECONOMICAL was found in 80% of cases vs. 60% of men.
In 100% of cases the cause was found in women vs. 90% men
Women mortality was 5 deaths of 125 = 6.66% vs. 35 death sof 225 in men = 28%.

CONCLUSION

Fournier gangrene of lower mortality in women than in men, despite the older age of the extensive nature fast, massive abdominal wall and lower limbs, and final immediately.
She was second in the majority of cases a cause genital.
Support among women is heavier with a longer duration of hospitalization, number of debridements and dressing most important.
Our data are in contradiction with the only series that studied the disease in women FOURNIER, we discuss our results.

Keys words: Advanced age, necrotizing fasciitis, rapid expansion, definitive lesions, pathology uro genital iterative debridement, lower mortality.

Introduction

C’est une dermo-hypodermite bactérienne aigue avec cellulite nécrosante du périnée, primitive dans 05% des cas c’est la maladie de FOURNIER proprement dite. [01,02]

Ailleurs, (95 %) des cas elle est secondaire à une infection poly microbienne.

Les portes d’entrée sont essentiellement : cutanée, urologique, ano-réctale, post-opératoire ou post traumatique.

Les facteurs favorisants sont principalement : l’âge, le diabète, l’immunodépression et le bas niveau socioéconomique. [03,04]

L’imagerie, sans retarder la chirurgie, repose sur l’échographie et la TDM.

Le synergisme bactérien et la propagation rapide de l’infection, le long des fascias, vers les membres inférieurs, la région inguinale et la paroi abdominale, en font une urgence médico-chirurgicale pour laquelle a été adoptée une attitude thérapeutique standardisée : Réanimation, Chirurgie, O.H.B (Oxygénothérapie Hyperbare).

Elle reste une maladie grave malgré l’avènement de thérapeutiques nouvelles dans le domaine médico-chirurgical et de la médecine hyperbare.

La mortalité oscille entre 20 et 80%.

Les patients qui survivent à l’infection, vont subir des chirurgies de reconstruction avec des séquelles parfois très marquées, en rapport avec l’étendue de la Fasciite et du débridement itératif. [05,06]

NOSOLOGIE

Cette pathologie a été le sujet de beaucoup de controverses, témoignant de sa complexité.

Diverses classifications ont-été proposées :

On considère, maintenant selon la conférence de consensus européens de TOURS en 2000, que toute gangrène du périnée, est une maladie de FOURNIER que la cause soit retrouvée ou pas. [01, 07]

HISTORIQUE

En 1883, le professeur FOURNIER, un vénérologue français de l’hôpital Saint Louis, rapporte dans « la semaine médicale« 5 cas dont 4 personnels sous le titre de « Gangrène Foudroyante de la verge ». [05, 06]

Il rappelle les étiologies des gangrènes génitales et précise qu’aucune d’elles ne s’applique à son malade, il suspecte cependant une origine infectieuse.

Elle a été signalée dès l’origine de l’histoire de la médecine par Hippocrate et Galien.

AVICENNES, dans ‘’son canon de la médecine’’, autour de l’an mille, décrit une cellulite nécrosante du périnée.

PARÉ Ambroise, chirurgien des champs de bataille, en fit une remarquable description en 1560.

BOERHAVE 1753, BAURIENNE 1764 cités par LEVINSON [06] ont rapportés 3 cas pédiatriques.

La survenue de gangrène intéressant les OGE de la femme a amené certains auteurs du  début du siècle à parler de l’équivalent de la maladie de Fournier chez la femme.

Le peu de cas rapportés (10 cas), s’arrêtant avec l’observation de Soupault en 1941 ne nous permet pas d’avoir une idée précise sur de telles lésions et nous nous contenterons de les citer.

3 observations citées dans la thèse d’Emery 1896.

  • Celle de Chalmers : décrite à la société gynécologique de Londres en 1886.
  • Celle de Martel : gangrène du fond du vagin.
  • Celle de Glantenay : gangrène ayant détruit la totalité de la paroi vésico-vaginale, sans cause évidente.
  • Observation de Brissaud et Sieard; une patiente, morte au 7eme jour.
  • Observation d‘Engelbach,

Ces deux observations sont citées par Bodin.

  • Deux observations de Spillmann

39 cas seulement  décrits aux U.S.A depuis le début du siècle.

INTERET

Son diagnostic au début peut être difficile en raison de son mode de présentation souvent atypique, entraînant un retard de prise en charge, responsable d’une surmortalité. [03]

Celle-ci n’a pas diminué depuis plus d’un siècle et reste élevée, de l’ordre de 20 à 80% avec une moyenne de 30% et ce, malgré l’avènement de l’antibiothérapie ciblée, de l’imagerie et de l’oxygénation hyperbare.

Classiquement il s’agit d’une pathologie rare.

Mais nous enregistrons au niveau de notre service, une trentaine de nouveaux cas/an, 3% des admissions, ce qui est considérable.

Nous avons utilisé les bases de données des patients hospitalisés aux Etats-Unis de 2001- 2004.

Ceux-ci représentaient moins de 0,02% des admissions à l’hôpital.

Le sexe ratio est de 10 hommes pour 1 femme. [03, 07].

Cette notion n’est pas retrouvée dans notre service, ou celui-ci est de 2,7 hommes/1femme.

BACTÉRIOLOGIE

– FOURNIER émit l’hypothèse d’une infection streptococcique.

– WILSON (1952),mit en évidence le polymorphisme microbien [07]

– La culture typique montre une infection poly microbienne, avec une moyenne de 4 espèces et un maximum connu de 9 .[ 07]

– Les germes anaérobies et les  bacilles gram négatif représentent 40%  des effectifs chacun.

– On trouve en association des germes aérobies et anaérobies, ce qui  est en faveur de la facilitation.

Répartition des diverses souches microbiennes rencontrées

– chaque espèce produit un facteur de croissance pour les autres et rend compte, de  l’action destructrice, de germes, relativement non pathogènes, quand ils sont associés est plus importante que celle produite par un seule germe virulent. (streptocoque, staphylocoque, clostridium)

-La résultante est une agrégation plaquettaire et une coagulation par fixation du complément, alors que certains anaérobies favorisent la coagulation en produisant une héparinase (Bjornson cité par Jones) responsable de la nécrose ischémique.

-L’hydrogène, le nitrogène, le sulfide d’hydrogène et le méthane sont produits par la combinaison du métabolisme aérobie et anaérobie. Ces gaz sont insolubles dans l’eau, s’accumulent dans les tissus sous forme d’air, expliquant les crépitations.[7,8]

-Le clostridium est responsable d’une authentique gangrène gazeuse associant une infection locorégionale fulminante  par sécrétion d’une hyaluronidase et d’une collagénase empêchant l’organisme de circonscrire la diffusion de la fasciite.

-La production de gaz dissèque les espaces cellulo-graisseux et la sécrétion d’exotoxines génère un choc septique et des troubles de la coagulation.IL est associe à la présence de  myonecrose.

DÉCLENCHEMENT DU PROCESSUS INFECTIEUX

L’évènement initial, est l’établissement d’une infection locale. Celle-ci  progresse rapidement vers une endartérite oblitérant qui entraîne une nécrose vasculaire cutanée et sous-cutanée avec diminution de la tension tissulaire en oxygène.

L’hypoxie tissulaire permet la croissance de bactéries facultatives anaérobies et de bactéries micro-aérophiliques. La collagénase, produite par les bactéroïdes, et la hyaluronidase, produite par les bactéroïdes, le staphylocoque et le streptocoque, détruisent le collagène.

L’infection  se propage le long des fascias superficiel et profond. La nécrose cutanée est moins étendue que la nécrose des fascias sous-jacents.

ETUDE ANALYTIQUE COMPARATIVE FEMMES-HOMMES

Matériel et méthode

– 200 patients ont-été pris en charge pour gangrènes du périnée, en urgence entre le 1er janvier 2002 et le 31 décembre 2010.

– Il s’agissait de 125 hommes et de 75 femmes, avec 2.5H/ 1F

– Dans toutes les séries le rapport est de 10H/1F

Épidémiologie

 

 

 

 

 

 

Pour les hommes, le pic de fréquence se situe entre 41-60 ans dans 48% des cas, suivi dans 32% des cas par la tranche d’âge entre 61-80 ans. 84% des femmes avaient entre 41-60 ans.

DÉLAI  ENTRE L’ADMISSION AUX URGENCES ET L’APPARITION DES PREMIERS  SYMPTÔMES 

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Dans 60% des cas le délai était compris entre 6-10 jours avec une moyenne de 12 jours suivi dans 30% des cas par le délai compris entre 11-20 jours dans les deux sexes.

SYMPTOMATOLOGIE CLINIQUE

Chez les hommes un scénario sévère a été souvent noté et qui est l’absence de réponse a un traitement antibiotique pour diagnostic initial de pathologie proctologique banale, qui se complique rapidement de choc septique. Cette notion n’a pas été retrouvée chez les femmes.

TRAITEMENTS REÇUS AVANT L’ADMISSION

70% des patients (N = 140) dans les deux sexes rapportent avoir pris différents types de médicaments, soit dans le cadre d’une automédication ou sur prescription médicale.

ANTÉCÉDENTS

Diabète et hygiène défectueuse ont été retrouvés dans des proportions plus importantes chez les femmes.

Aucune maladie inflammatoire ni néphrologique chez les femmes, contrairement aux hommes

RÉPARTITION SELON LES DIFFÉRENTES ÉTIOLOGIES

Chez 100% des femmes une cause a été retrouvée, elle était dans 98% des cas uro-proctologique ou génitale.

Chez les hommes, dans 10% des cas celle-ci n’a pas été retrouvée car noyée dans le cortège des signes locaux spectaculaires ou quand la Cause a été insuffisamment recherchée du fait du manque de moyens d’investigations ou d’évolution foudroyante

RÉPARTITION SELON LES ÉTIOLOGIES (PROCTOLOGIE ET GÉNITALE) FEMMES

Chez les hommes les portes d’entrée ont été multiples et variées 

Chez les femmes elles étaient essentiellement uro- proctologiques et génitales : ces notions ont été retrouvées dans d’autres séries 10-11

STRATÉGIE THÉRAPEUTIQUE

TOUS LES MALADES ONT BENEFICIE D’UN PROTOCOLE THÉRAPEUTIQUE « STANDARDISE » comprenant trois volets :

–Les mesures générales de réanimation.

–Une antibiothérapie adaptée chez 27 patients (13%) et probabiliste chez 173 patients (87%).

-La chirurgie et pour certains, des gestes de reconstruction.

Aucun de nos patients n’a bénéficié de l’oxygénation hyperbare.

LES RÉSULTATS DES TRAITEMENTS CHIRURGICAUX

Cellulite étendue 70% des cas (N=140)

           Données post-opératoires

  • 80% des femmes présentant une cellulite étendue, étaient répertoriées d’emblée.
    Celles-ci présentaient les caractéristiques définitives de leurs lésions lors du premier débridement.
  • Dans 70% des cas, l’exploration chirurgicale a révélé:
    – Collections purulentes controlatérales  passées inaperçues lors de l’examen initial, voire même chez des patients opérés et qui nous ont- été adressés en seconde intention, avec extension de la cellulite hors des limites du périnée.

75% de ces patients étaient des hommes.

  • La moyenne des débridements a été de 4 chez les hommes vs 7 chez les femmes .
  • La moyenne des pansements a été de 20 -30 sous anesthésie générale tous les jours chez les hommes vs 30-45 chez les femmes.
  • La moyenne des pansements a été de 15-20 1j/2 pendant 30-45 jours chez les hommes vs 20-25p pendant 45-60 jours chez les femmes.
  • Chez 20% de nos patients (n=40) nous avons eu des extrêmes de 50-180 pansements tous les jours et de 30-70pansements 1j/2. tous étaient des femmes.
  • Un sondage vésical à demeure par cathétérisme urétral a été réalisé dans 90%cas. Les 10% restants ont bénéficié d’une cystostomie dans les deux sexes.
  • Une colostomie latérale sur baguette a été confectionnée chez 17 patients (8,5 %) dont les lésions étaient évoluées après les cinq premiers pansements.
  • 100% d’hommes, âge moyen 60 ans
  • Elle siégeait: – sur le côlon sigmoïde dans 80% des cas.

Aucune colostomie n’a été confectionnée chez les femmes; dans 80% des cas, celles-ci revêtaient leurs caractères extensifs lors des deux premiers débridements.

BARTHOLINITE RECIDIVANTE

Greffe cutanée pour défect pariétal abdominal suite à une gangrène extensive sur bartholinite.

SEQUELLES

  • Deux malades ayant initialement un abcès des deux fosses ischioréctales (âgés de 71 et 80 ans) avaient une incontinence anale dans les six mois qui ont suivi la guérison.
  • 5 patients ont développé des fistules anales dont  une complexe  avec multiples trajets fistuleux dans l’année qui a suivi la guérison et ont- été opérés dans notre service.
  • Aucune séquelle urinaire ou génitale n’a été observée chez les femmes.

 

LA DURÉE D’HOSPITALISATION

Une moyenne de 20-45 jours chez les hommes VS  30-180 jours chez les femmes.

MORTALITÉ GLOBALE = 20%

N =40

  • Le décès est survenu dans 80% des cas entre le 2eet le 9e jour post opératoire,
  • Tous ces patients étaient en soins intensifs dès leur admission au niveau du service.
  • L’indice de gravité était élevé chez 100% des patients chez qui le calcul était possible et était compris entre 9-13.
  • Chez les femmes la mortalité a était de 5 décès sur 40 =12,5% VS  35 décès chez les hommes =87,5%.
  • Tous ces décès sont survenus dans un tableau de défaillances polyviscéales. 

DISCUSSION

Aujourd’hui, la fasciite nécrosante impliquant le périnée, la vulve, scrotum, du pénis comporte  toujours un taux élevé de mortalité et  continue d’être un défi majeur pour la communauté médicale. Dans notre échantillon, 38% des patients étaient des femmes, qui est un pourcentage beaucoup plus élevé que toutes les autres séries.[18],

En effet   dans  la série de  Yanar et al. [17], le groupe de patients  se composait de 25 hommes (71%) et dix femmes (29%) ou Norton et al. [13] 26 hommes (79%) et sept patients de sexe féminin (21%).

JARBOUI. [03],  35 patients 25 hommes(71%)  et 10 femmes (29%)  Nous nous rapprochons plus de la série de Ralf Czymek[09] avec 31,6% de femmes.

Toutefois, il convient de noter que la majorité des écrits  sur cette maladie repose sur des patients urologiques et que celle -ci est sous-représentée dans des revues gynécologiques.

Il existe certainement des cas traités mais non rapportés, surtout en Afrique[12],et donc ,classiquement nous retenons le rapport 1/10

L’âge plus avancé chez les femmes a été retrouvé de façon homogène dans  toutes les séries. [09,12,13,14,15]

Les interactions synergiques des organismes  aérobies et anaérobies  et la propagation rapide voire même fulminante de l’infection le long des  fascias ( 2-3 cm /heure )  expliquent  le taux élevé de mortalité, qui a été rapporté  dans la littérature récente et qui  varie entre  3% et  45% [8].

Eke [12] a rapporté  un taux de mortalité globale de 16% sur  les  1.726 cas impliqués dans sa revue de la littérature.

Fréquemment rapportés comme  facteurs prédisposants,  sont significativement plus fréquents chez les patients avec gangrène de Fournier que dans la population générale.

Dans  les deux groupes de patients  la mauvaise hygiène, la précarité, l’hypertension artérielle, les artériopathies  ont été également  observées dans les deux  groupes par contre  le diabète a été plus fréquent chez les femmes avec 80% VS 50% chez les hommes.

Les néphropathies et les maladies inflammatoires de l’intestin n’ont pas été retrouvées chez les femmes contrairement aux hommes avec respectivement 6% et 3%.

Chez les hommes, les étiologies étaient diverses : uroproctologiques et génitales, postopératoires et dermatologiques et dans 10% des cas la cause n’a pas été retrouvée  car noyée  dans le cortège de signes locaux spectaculaires ou quand la  Cause a été  insuffisamment recherchée du fait du manque de moyens d’investigations ou d’évolution foudroyante

Notion retrouvée dans  d’autres séries dont le taux oscillait entre 7 et 26%.[09,16]

  • Chez les femmes une cause a été retrouvée dans 100% des cas et était génitale dans 98 % des cas.Notion retrouvée dans les séries de  Ahrenholz [14] , Roberts and Hester [15] et celle de  Ralf Czymek[09]
  • La moyenne des débridements a été de 4 chez les hommes vs 7 chez les femmes.
  • La moyenne des pansements a été de 20 -30 sous anesthésie générale tous les jours chez les hommes vs 30-45 chez les femmes.
  • La moyenne des pansements a été de 15-20 1j/2 pendant 30-45 jours chez les hommes vs 20-25p pendant 45-60 jours chez les femmes.

Chez 20% de nos patients (n=40) nous avons eu des extrêmes de 50-180 pansements tous les jours et de 30-70pansements 1j/2. Tous étaient des femmes.

Dans la littérature la prise en charge était plus lourde chez les hommes[14,15,16]

Aucune colostomie n’a été confectionnée chez les femmes; dans 80% des cas, chez celles-ci,les lésions revêtaient leurs caractères extensifs définitifs lors des deux premiers débridements.

Aucune extension rétro péritonéale n’ a été signalée dans les deux sexes par contre nous avons eu deux cas de localisation intra péritonéale chez les hommes à l’inverse de ce qui a été rapporter dans la littérature qui conclu, que l’extension de la fasciite au rétro péritoine et à la cavité intra abdominale était spécifique aux femmes et représentait leur principal facteur de mauvais pronostic. [09,10]  Cette notion n’a pas été retrouvée dans notre série.

La durée d’hospitalisation

Une moyenne de 20-45 jours chez les hommes VS  30-180 jours chez les femmes.

Dans la littérature les données sont inverses avec 15j en soins intensifs pour les hommes avec un extrême de 329 j d’hospitalisation VS 9j en SI pour les femmes. [16,17]

MORTALITE GLOBALE = 20%

N =40

Avec pour les femmes :5 décès/40=12,5% VS 35/40=87,5% pour les hommes avec une mortalité globale de 2,5% VS 17,5.

Les données de la littérature sont inverses avec une mortalité globale de 50% VS 7,7%, 49% VS 17%.[09,17,18]

CONCLUSION

La gangrène de Fournier a une mortalité moindre chez la femme que chez l’homme en dépit de l’âge plus avancé,  du  caractère extensif rapide, massif  à la paroi abdominale et aux membres inférieurs et, définitif d’emblée.

Elle a été  secondaire  dans la majorité des cas à une cause génitale.

La prise en charge chez les femmes est plus lourde avec une durée d’hospitalisation plus longue, un nombre de débridements et de pansements plus important.

Nos données sont en totale contradiction avec la seule série comparative ayant étudié la maladie de FOURNIER chez la femme qui conclut à une surmortalité chez celles-ci du fait de l’extension de la fasciite dans le rétropéritoine et en intra abdominal et se pose la question de savoir si  le sexe ne serait pas un facteur de risque et de mauvais pronostic . [09] Dans notre série  ces deux  notions n’ont pas été retrouvées  puisque nous n’avons pas eu les mêmes modalités de diffusion, ni la même mortalité.

NOUS SOMMES  MEME ARRIVES AUX CONCLUSIONS INVERSES

D’autres études apporteront probablement plus d’éclaircissements sur cette redoutable maladie.

RÉFÉRENCES

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02- Brissiaud. JC et al. Gangrène cutanée des organes génitaux externes à propos de 44  cas  Service de chirurgie  hôpital d’instruction des armes Desgenettes, 108, blvd  pinel,  BP 25  69998  Lyon France Service Chirurgicaux. Hôpital principal BP 30 06  Dakar Senegal France.
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03- Slim Jarboui et al. Etudes clinique et thérapeutique  et analyse pronostique des gangrènes du  périnée à propos de 35 cas; Service de chirurgie viscérale CHI de poissy  f 78303 poissy cedex France; Service de chirurgie générale hopital charle nicole tunisie.
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04- Lutfi Tahmaz et al. Fournier’s Gangrene: Report Of Thirty-Three Cases And A Review Of The Literature. Original Article.
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05- Fournier Jean-Alfred. Gangrène foudroyante de la verge.
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 06-  Fournier Jean-Alfred.  1832-1914  Classic Articles in Colonic and Rectal  Surgery.
Marvin l. Corman. Editor etude Clinique de la gangrene foudroyante de la verge et des parties genetales. Fr Med Paris 1 (1884), p 423.

07- Jacque Hubert et al. Gangrene des OGE article de revue progress en urologie 1995,5,911-924

08- Lago. J et al. Un cas de gangrène périnéale primitive grave.
Annales de chirurgie Volume 125, numéro 3  pages 299-301 (avril 2000)

09-Fournier’s gangrene: is the female gender a risk factor?
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10-The clinical characteristics of female patients with Fournier’s gangrene.
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11-Gangrene foudroyante des organes genitaux externes chez la femme.
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17-Yanar H, Taviloglu K, Ertekin C, Guloglu R, Zorba U, Cabioglu N, Baspinar I (2006) Fournier’s gangrene: risk factors and
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18-Stephens BJ, Lathrop JC, Rice WT, Gruenberg JC (1993) Fournier’s gangrene: historic (1764–1978) versus contemporary (1979–1988) differences in etiology and clinical importance. Am Surg 59:149–154